À la mémoire de Raymond Devos
Le mot de la fin
15 juin 2006
Raymond Devos vient de trouver la mort. On l'entend d'ici nous expliquer qu'il ne l'avait pourtant pas cherchée.
Comment, à tout le moins, l'aura-t-il trouvée ? Belle, on l'ose croire. Le paradis des mots est forcément pavé de bonnes expressions. Et combien réjouissante la perspective d'y retrouver Rabelais, Queneau, Perec et les autres ! Gageons qu'à cette heure il s'amuse de nous voir, à notre tour, à l'article de la mort, occupés, pour lui rendre l'hommage qu'il mérite, à assembler laborieusement ces vocables dont il se joua comme nul autre avant lui.
Car s'il est vrai que le Verbe, c'est Dieu, celui-là, n'en doutons pas, est immortel, quand il ne serait pas passé par la case Académie...
Chacun le sent néanmoins : dans un monde sans Devos, l'action promet moins encore qu'hier d'être la sœur du rêve. Combien sommes-nous aujourd'hui à douter que le bougre ait pu livrer là son dernier mot ?
Sûr que s'il avait demandé l'avis du public...


